Actualités Normandie

Professeur dans un lycée d'Evreux : « Il y a un traumatisme partagé par toute l’Éducation Nationale ». 

20 octobre 2020 à 10h00 Par Joris CRISTAL
Crédit photo : Pixabay

Quelques jours après la tragédie de Conflans-Sainte-Honorine près de Paris qui a vu un homme habitant Evreux assassiner sauvagement un professeur, un enseignant de lettres modernes en poste dans l'Eure témoigne.

« L'ensemble de la profession est choquée. Il y a un traumatisme partagé par toute l’Éducation Nationale ». Quelques jours après l'attentat de Conflans-Sainte-Honorine (Un professeur a été assassiné par un jeune tchétchène radicalisé d’Evreux à la suite d'un cours sur la liberté d'expression), Laurent Baussier, enseignant de lettres modernes au lycée Modeste Leroy à Evreux, est encore sonné. Professeur depuis le début des années 90, celui qui est aussi représentant syndical pour Force Ouvrière, constate depuis quelques années que « nous sommes passés dans un niveau d'attaques contre l'institution sans commune mesure ». Pas forcément une montée en puissance de la violence mais une remise en cause de la parole et de l'autorité de l'enseignant.

Écouter le podcast

Pour Laurent Baussier, il est capital d'avoir le soutien de l'institution. Il faut que l’Éducation Nationale affiche son soutien aux enseignants. « Pas seulement de façon orale. Il y a des moyens simples pour y arriver, comme la mise en œuvre du statut même des enseignants et des chefs d'établissements. Le statut de la fonction publique prévoit que l'autorité doit protection à ses fonctionnaires ».

Si Samuel Paty était professeur d'histoire-géographie, c'est bien toute la profession, qui se retrouve exposée. « Les profs de SVT, de lettres... Tous, à un moment donné dans leur carrière, ont été contestés notamment sur des vérités scientifiques, parfois menacés. C'est très déstabilisant », conclut Laurent Baussier.